Le forcené s’est retranché chez lui depuis deux jours avec un fusil. Les négociateurs tentent en vain de le raisonner. Il a mis en garde les policiers derrière ses volets clos : si le soleil entre, il tire.

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Une pluie d’étoiles filantes : on n’a pas assez de vœux.

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L’alcool décidément ne lui réussit pas. Il devient volubile, affable et parle avec des inconnus.

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Aucun souvenir de mes rêves : je me suis endormi devant le film de mon inconscient.

Mais une fois que mon italien sera suffisamment bon pour que je puisse entretenir une conversation avec les autochtones, il faudra encore que j’apprenne à vaincre ma timidité.

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La pleine Lune : une étoile vue à travers une loupe.

Le sein de la femme est une cloche qui dissimule le sein, qui le garde au chaud pour toujours, inconsommable et mystérieux. L’homme en pressant le sein le pressent. Il renifle le sein, mord le sein, gratte autour du sein scellé comme un chien affamé qui aurait trouvé une boîte de conserve. Ainsi l’homme a toujours faim de sein, ainsi son appétit de sein n’est jamais satisfait.

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Je me suis appuyé contre une balustrade, il y a deux ans, dans les Baléares, pour admirer un splendide coucher de soleil. De ce jour, je garde une tache de rouille tenace sur ma chemisette blanche.

Les enfants qui ont la chance de pouvoir partir en vacances au bord de la mer apprennent plus facilement que les autres à nager dans le bonheur.

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Quel charisme ! Tout le monde n’avait d’yeux que pour ce plateau d’huîtres.

Nous nous tenons si bien informés qu’il ne se passe jamais rien en notre absence. Nous nous donnons si fréquemment de nos nouvelles que nous ne sommes jamais absents.

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Je ne peux pas m’en empêcher : je lis toutes les informations débiles que la rue me donne à lire comme si ça pouvait faire un poème.

Je prends du recul pour admirer mon œuvre comme si je venais de peindre le paysage. Mais j’ai seulement lavé les carreaux.

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On fouille sa mémoire comme un petit carnet : je sais que je l’ai noté, mais où ?